Communiqué MFFPS/ Burundi

Appel à plus de responsabilité de la communauté internationale

Publié par Ghislain Zobiyo le

Solidarité MFFPS & UFA / Burundi {JPEG}

L’Union des femmes africaines en Belgique (UFA) ainsi que plusieurs associations féminines belges en collaboration avec le Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité au Burundi (MFFPS) appellent la Communauté internationale à assumer sa responsabilité envers les burundais.

Nous, Femmes, mères, épouses, filles, sœurs d’ici et d’ailleurs, femmes simplement, en cette journée mondiale dédiée à la femme (08/03), adressons un ultime appel à la Communauté Internationale : séchez nos larmes, sauvez nos enfants, sauvez l’avenir du BURUNDI !

Les Nations Unies sont nées au lendemain de l`Holocauste. Avec beaucoup de conviction, les dirigeants de cette Institution naissante avaient dit au monde « Plus Jamais Ça » !
Vint ensuite le Cambodge en 1975. Les Nations Unies dirent encore « Plus Jamais Ça » !
En 1994, un génocide effroyable fut commis au Rwanda au vu et au su de toute la Communauté Internationale, et les Nations Unies dirent encore une fois « Plus Jamais Ça » !
En 1995, le monde assista aux horreurs commises en Bosnie et les Nations Unies répétèrent « Plus
Jamais Ça » !
En 2003, face au drame du Darfour, les Nations Unies redirent « Plus Jamais Ça » !

Aujourd’hui, en 2015-2016, c’est au tour du Burundi, et le monde assiste impuissant au massacre d’enfants burundais pendant que la Communauté Internationale tergiverse en se demandant encore ce qu’il faut faire. Cette région a trop souffert, à cause de l’ambition d’une poignée d’hommes.

Depuis le mois de mai 2015, le Burundi est le théâtre d’exécutions sommaires, d’emprisonnements arbitraires, de tortures, de viols et d’agressions sexuelles. Des populations se déplacent et s’exilent à cause du troisième mandat de Pierre Nkurunziza, issu de la violation des textes de lois (la Constitution et l’Accord de Paix d’Arusha), et caractérisé par l’utilisation démesurée et inacceptable de la force contre toutes les personnes qui ont osé protester.

Selon plusieurs sources, plus de 1000 personnes ont été tuées à ce jour, et des centaines de milliers d’autres sont réfugiées dans des pays comme le Rwanda, la République Démocratique du Congo, la Tanzanie, l’Ouganda, et on ne compte plus le nombre de déplacés intérieurs.

Dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 décembre 2015, la capitale Bujumbura a été le théâtre de massacres odieux rappelant la « nuit de cristal » qui eut lieu les 9 et 10 novembre 1938, dans toute l’Allemagne et les territoires annexés, à l’initiative des dirigeants du parti nazi et des sections d’assaut. La cruauté, la brutalité et la haine qui ont marqué cette opération ainsi que les souffrances qu’elle a engendrées dépassent les horreurs que le Burundi a connues depuis la signature des Accords d’Arusha en 2000.
Depuis ce même mois de mai 2015, des femmes burundaises, premières victimes de cette crise, n’ont cessé d’appeler les Nations Unies au secours, l’Union Africaine, l’Union Européenne, la Communauté de l’Afrique de l’Est, mais en vain ! Les exactions contre les femmes se sont multipliées et des crimes auparavant peu généralisés comme les viols atteignent des niveaux alarmants : le viol collectif est utilisé par les pseudo-policiers pour accentuer la terreur à l’égard des populations ayant le plus manifesté contre le mandat du Président Nkurunziza. La société civile a dénoncé le plan de

division de la population, opération facilitée par la destruction des médias indépendants, les seuls
capables d’informer la population sur ce qui se passe réellement. Il existe une chasse systématique des membres actifs de la société civile, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes.

En réaction à ces actes ignobles, le Conseil de Sécurité de l’Union Africaine, dans son 565ème
Communiqué adopté le 18 décembre 2015, a proposé le déploiement d’une force de protection de
5.000 hommes (MAPROBU).

Alors que le peuple burundais se réjouissait de cette décision, le gouvernement du Burundi a refusé
cette force et a déclaré que la paix règne à 99,90% sur le territoire burundais.
Cette attitude a été malheureusement renforcée par la conclusion du Communiqué du 6ème
sommet des chefs d’Etats de l’UA réunis à Addis-Abeba en Ethiopie en date du 29-30 et 31 janvier
2016.

L’Union des Femmes Africaines, avec plusieurs autres associations belges, soutiennent le Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité - qui se trouve bien dans son rôle tel que prévu par la Résolution 1325 1du Conseil de Sécurité des Nations Unies - et demande à l’Union Africaine, aux Nations Unies, à l’ Union Européenne, à la Communauté de l’Afrique de l’Est , de prendre chacune sa responsabilité et de protéger rapidement le peuple burundais, en envoyant une force de maintien de la paix sans conditions. Seule garantie, aujourd’hui, de survie des populations.

Signataires

-  Mouvement des Femmes et Filles pour la Paix et la Sécurité au Burundi (MFFPS)
-  Union des Femmes Africaines (UFA)
-  Asbl GFAIA (Groupement des Femmes Africaines Intégrées et Actives)
-  Femmes de Bonne Volonté
-  KAZE ASBL
-  Action Femme CNE
-  ASBL IBIREZI VY’UBURUNDI
-  MODI NTAMBWE
-  Madame Julie De Groote : Présidente du Parlement Francophone Bruxellois
-  Madame Isabelle Durant : Députée au Parlement Francophone Bruxellois
-  Madame Simone Suskind : Députée Bruxellois
-  Madame Véronique Waroux : Sénatrice et Députée wallonne CDH
-  Madame Hélène Ryckmans : Sénatrice et Députée au Parlement au Parlement de la
Communauté Française (Fédération Wallonie-Bruxelles).

1 Une résolution adoptée à l’unanimité le 31/10/2000 par le Conseil de sécurité des Nations unies , qui concerne le droit des femmes, la paix et la sécurité et qui impose aux différentes parties d’un conflit de respecter le droit des femmes et de soutenir leur participation aux négociations de paix et à la reconstruction post-conflit.

-  Madame Nadia El Yousfi : Députée du Parlement de la Fédération Wallonie- Bruxelles
-  Madame Fatoumata Sidibé : Députée Bruxelloise
-  Madame Elisabeth Beague : Membre des équipes populaires