Atelier ACP- CTA/ONU Femmes :Autonimisation économique des femmes

ACP et ONU/Femmes s’engagent pour réaliser l’égalité homme/femme à l’horizon 2030

Publié par Ghislain Zobiyo le

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Le siège du Secrétariat ACP (Afrique Caraïbes et Pacifique) à Bruxelles a servi de cadre les 27 et 28 février 2017 à un atelier consacré à l’autonomisation économique des femmes.

Les travaux de cet atelier ont permis aux femmes des pays membres de réfléchir, en collaboration avec les missions diplomatiques, le Secrétariat ACP, les partenaires du groupe ACP, au renforcement de la coopération entre le Secrétariat ACP et l’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ONU/Femmes. C’était aussi l’occasion de plancher sur le programme pour un développement durable afin de réaliser l’égalité homme/femme et l’autonomisation de la femme à l’horizon 2030. L’objectif fondamental étant de parvenir à éradiquer l’extrême pauvreté des femmes en les accompagnant dans l’entrepreneuriat pour qu’elles parviennent à une autonomie financière.
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Ouvrant les travaux de cet atelier, Dr. Patrick Ignatus GOMES, Secrétaire général des Etats ACP, a salué une telle initiative et demandé aux participants de relever les lacunes inhérentes à l’entrepreneuriat des femmes et surtout à leur accès aux sources de financement. Il a souhaité une réflexion sur les thématiques liées à l’accès des femmes à la terre et aux ressources productives pour une agriculture résiliente face aux changements climatiques, à la promotion de la représentation de l’entrepreneuriat des femmes dans le secteur de l’industrie extractive et aussi pour donner aux femmes entrepreneures, les mêmes opportunités économiques à travers des politiques d’approvisionnement et d’investissement.
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Succédant au Secrétaire général, Madame Maria-Noel VAEZA, Directrice générale ONU/Femmes a demandé aux femmes de prendre des responsabilités non seulement dans le domaine économique mais aussi politique qui est un levier fondamental dans la reconnaissance de leurs droits. Car poursuit-elle, « l’implication dans la politique permet de voter des lois et textes qui favorisent l’accès équitable au marché du travail, de réduire les inégalités homme/femme, mais surtout de régler la question de la restriction aux marchés des femmes entrepreneures ».

Mme VAEZA a également plaidé pour une coopération Sud-Sud, l’implication de la diaspora dans le renforcement des capacités dans les pays du sud et à la numérisation des données.
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Abondant dans le même sens, Mme Karen FUEG, Directrice adjointe au bureau ONU/Femme Kenya a salué les efforts faits dans ce sens par le gouvernement kényan qui réserve 30% des appels d’offres aux femmes. Mais devrait-elle déplorer, seul 1 à 3% de ces marchés sont effectivement obtenus par des femmes. Les lacunes provenant essentiellement du manque d’informations et de ressources financières pour postuler.

Cet atelier a été également l’occasion de plaidoyer de nombreuses femmes notamment sur la question du registre foncier, l’ouverture de guichets bancaires principalement consacrés aux femmes, la vulgarisation des expériences réussies dans d’autres pays etc.
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Sur ces aspects et surtout sur la question foncière, Mme Eliane Berthe MOKODOPO, Ambassadeur du Secrétariat exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, chargée du Programme Genre, Femmes et Enfants, a plaidé pour une révision des textes pour que les femmes en Afrique deviennent usufruitières. Elle souhaite un renforcement de la propriété foncière des femmes en remédiant aux normes sociales et coutumières discriminatoires. En effet, et d’après ses expériences, les textes existent bel et bien mais ne sont en rien contraignants. Et il existe un laxisme au niveau des pouvoirs publics à les traduire dans la réalité. Voilà pourquoi elle demande expressément aux Nations Unies de contraindre les Etats dans lesquels il existe ce manquement aux lois, à les respecter sous peine de sanctions.
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Mme Marie-Joseph Medzeme ENGAMA, coordinatrice du Programme Agribusiness PROPAC qui est une plate-forme sous-régionale des organisations paysannes d’Afrique centrale a pour sa part, demandé le soutien de ONU/Femme et de toutes les organisations impliquées dans l’autonomisation économique des femmes, à agir en faveur de l’ouverture de guichets bancaires essentiellement consacrés aux femmes du milieu rural. Pour elle, sans une discussion avec les banques régionales pour financer les projets agricoles, la question de l’autonomisation économique des femmes ne sera qu’un vain mot. Elle a non seulement demandé un financement couplé aux renforcements des capacités, mais aussi la personnalisation des financements par rapport à la taille des productions.

Pour terminer, Mme ENGAMA croit que la réduction des inégalités entre les sexes dans le secteur agricole aura un effet transformateur sur la vie des femmes et peut produire des effets bénéfiques considérables. Elle a adressé le vœu de promouvoir des partenariats entre femmes d’affaires des Etats ACP.
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La Présidente de la Fédération des Femmes entrepreneures et Femmes d’affaires de la CEDEAO, Mme Candide BAMEZON-LEGUEDE a pour sa part donné l’exemple de « Innov-Up », une plate-forme de mentorat au Togo dans laquelle sont formées des femmes dans différents secteurs d’activités économiques. Elle sert à renforcer les capacités surtout des jeunes femmes entrepreneures, à leur apprendre les outils pour répondre aux appels d’offres et à les coacher tout au long du processus de création d’entreprises.

Les deux jours de travaux qui ont permis à différentes organisations telles que ONU Femmes, DEVCO, SEAE, CARICOM, PNUD/Commission de l’Union Africaine, CTA, BIO-ESSENCE, CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA REGION DES GRANDS LACS, COMMONWEALTH, FEBWE, CCJ, CARIBBEAN EXPORT, PROPAC, ACP-UE, de réfléchir à la problématique de l’entrepreneuriat des femmes, ont été l’occasion pour M. Viwanou GNASSOUNOU, Sous-secrétaire ACP en charge du développement économique durable et du commerce de réaffirmer l’engagement conjoint entre son Groupe et ONU/Femme de lutter ensemble contre les inégalités homme-femme en renforçant l’entrepreneuriat et les capacités d’action des femmes. Il a promis travailler de concert avec les gouvernements et le secteur privé pour faire en sorte que les femmes soient plus présentes dans l’industrie extractive.
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M. GNASSOUNOU en conclusion, veut plaider pour une participation communautaire accrue afin d’assurer la protection des droits des femmes relatifs aux ressources naturelles en œuvrant pour la transparence et la responsabilité.

Un texte portant sur l’« Engagement conjoint ACP-ONU Femmes à agir en faveur de l’autonomisation économique des femmes » a été pris et sera traduit dans les faits.

La fin de l’atelier était suivie de la célébration de la Journée internationale de la femme 2017. L’occasion pour la Maison ACP de célébrer la femme sous le thème « ELLE-Inspire » et de mettre en avant les réalisations des femmes et leur rôle dans le développement. Le Secrétariat du Groupe des Etats ACP a profité pour mettre en exergue l’émancipation des femmes et leur contribution effective dans la mise en œuvre des politiques de développement.

Cette célébration de la femme a été agrémentée par un spectacle des danseurs Sénégalais SABOR, des cantatrices Amanda MALELA et Valérie GUERTON, de la poète Andreattah CHUMA et de Xavier BASCHO-GEORGE. Un cocktail a été offert par le Secrétariat pour clôturer les travaux de cet atelier dans une ambiance festive.

Reportage : Anani Sossou