La 1ère édition des journées Camerounaises de Belgique

Un ballon d’essai transformé en coup de Maître !

Publié par Ghislain Zobiyo le

La première édition des Journées Camerounaises de Belgique (JCB) qui a eu lieu les 22 et 23 juin 2018 à Bruxelles fut un moment historique pour la communauté camerounaise de Belgique. On dénombre Pus de 1200 personnes : le gratin de la diaspora camerounaise, amis du Cameroun et invités, qui ont pris part aux différentes activités proposées par les organisateurs, la Fédération des Associations de la Diaspora Camerounaise (FASCADI) en l’occurence avec l’appui de l’ambassade du Cameroun et le Ministère des Arts et de la Culture du Cameroun. L’évènement était marqué du sceau de l’ambassadeur du Cameroun Daniel Evina Abe’e et toute son équipe diplomatique, qui de bout en bout ont rehaussé cette manifestation haute en couleurs de leur présence.

C’est par une conférence débat sur un thème interpellant, « Le Cameroun et sa diaspora : Agir ensemble pour la diffusion des expressions artistiques et culturelles camerounaises », que se sont ouvertes les JCB.

Animé par Kenhago Tazo Olivier, Ministre conseiller à l’ambassade du Cameroun en Belgique les deux orateurs du jour dont Tchana Jean Baptiste, Consultant en Gestion et Evaluation des projets et Lebe Frédérique, Attaché Culturel à l’ambassade du Cameroun en Belgique, ont présenté l’état des lieux de l’Art et de la Culture au Cameroun, les initiatives de l’Etat camerounais pour diffuser les expressions artistiques et culturelles. Ils ont déployé les pistes et solutions d’une action conjointe au niveau national et international en faveur de la diffusion des oeuvres camerounaises.

Après avoir donné une vue exhaustive de ce que regorge le Cameroun dans l’Art et la Culture, un patrimoine reparti en 4 aires géo-culturelles dont : l’aire des « Grassfield » comprenant les provinces de l’Ouest et du Nord-Ouest ; l’aire « Fang Beti » regroupant les provinces du Centre, du Sud et de l’Est ; l’aire « Sawa » dans laquelle on retrouve le Littoral et le Sud-Ouest et l’aire « Soudano-sahélien » pour la partie septentrionale du Cameroun (Nord, Adamaoua et Extrême-Nord), et présenté les différents festivals nationaux, régionaux et internationaux, lieux d’expression et de diffusion des oeuvres camerounaises, Lebe Frédérique a interpellé la diaspora camerounaise à jouer pleinement son rôle et à promouvoir les oeuvres camerounaises au niveau international à travers différents évènements, ou même en s’inscrivant et en soutenant les évènements nationaux à l’instar du Festival des Arts et de la Culture du Cameroun (FENAC), à titre d’exemple. Il a insisté sur la transmission de l’héritage culturel, seul moyen de perpétuer et de sauvegarder notre identité. « L’héritage culturel que nous avons reçu de nos parents, doit se transmettre aux générations actuelles et futures » a-t-il insisté.

Tchana Jean Baptiste a édifié l’assistance sur les voies et moyens que la diaspora peut utiliser pour contribuer efficacement à la promotion et à la diffusion du patrimoine artistique et culturel camerounais. Il a invité la diaspora camerounaise à saisir les occasions de commémoration telles que la fête de la jeunesse du 11 février, la fête nationale du 20 mai, la journée internationale de la femme, les festivals nationaux, internationaux et toute autre circonstance pour faire connaître les oeuvres artistique et culturelle camerounaises. « Nous devons encourager le communautarisme participatif, en allant vers les autres, en nouant des partenariats avec d’autres associations pour promouvoir la culture camerounaise » a-t-il ajouté. Il a appelé la diaspora de ses voeux, a maintenir le lien communautaire, à l’instar de FASCADI, essentiel pour la pérennité de la diaspora. Une diaspora qui peut servir d’auto-développement du pays d’origine. Ce que font déjà beaucoup d’associations membres ou non de FASCADI, à travers les dons, les fournitures scolaires, les tables bancs, les livres, pour les écoles, en soutenant les orphelinas, en donnant des soins médicaux aux plus nécessiteux dans les hôpitaux au Cameroun, ...

Plusieurs contributions des participants ont nourri la rencontre, qui avait lieu à la Maison Communale d’Etterbeek. Une rencontre rehaussée par la présence de Son Excellence Daniel Evina Abe’e, ambassadeur du Cameroun en Belgique, de l’Echevine de la Santé et du Bien-être de la Commune d’Etterbeek Colette NJjomgang-Fonkeu et bien d’autres hauts responsables belges et Communautaires.

Pour clore cette rencontre, Daniel Evina Abe’e, a rappelé que « vendre la culture est une affaire de tous. Nous sommes tous les ambassadeurs de notre culture ».

les activités se sont poursuivies samedi 23 juin dès la matinée au complexe sportif de Sippelberg dans la commune de Molenbeek-Saint-Jean. Un beau soleil annonçait la couleur de cette journée, où une vingtaine de stands d’exposition d’objets d’art, produits du terroir , dont 10 représentant les 10 régions du Cameroun, mais aussi des stands d’entreprises locales pour diverses services, étaient montés pour le grand plaisir des visiteurs. Pour donner un caractère solennel à cette première édition des JCB, il y a eu successivement : l’exécution de l’hymne national du Cameroun par les enfants et les jeunes, (fait marquant, c’était la première fois pour la plupart des ces enfants de chanter l’hymne nationale de leur pays d’origine) (Extrait), suivi de l’ouverture officielle de la première édition des JCB par l’ambassadeur du Cameroun en Belgique. Quelques minutes juste après, l’ambassadeur inaugurait les stands d’exposition sans toutefois manquer de s’arrêter d’échanger avec l’exposant, de déguster les produits du terroir (Angômô (Sud) par ci, Kilishi (Nord) par là, de pratiquer une séance de massage cardiaque. Ce fut un moment inédit. L’ambassadeur et quelques membres du corps diplomatique ont visité tous les stands avant de prendre place dans la tribune où l’athlétisme féminin se préparait.

Les visiteurs ont ainsi eu le loisir de visiter ci et là, les stands d’exposition, de découvrir la richesse du patrimoine artistique et culturel du Cameroun sur tous les plans : littérature, gastronomie, objets d’arts, musique et danse traditionnelles, objets symboliques, vestimentaire, …, mais aussi de vivre intensément les animations autour des sonorités propres de certaines régions. Le groupe Baleng du Benelux a fait vibrer le village des stands d’exposition de sa musique et sa danse traditionnelles propres à cette commune du département de la Mifi, située dans les Hauts plateaux montagneux de L’Ouest Cameroun. Les visiteurs se sont divertis aux activités sportives multiples, à commencer par la course-relais 4X100 féminin. Au terme de celle-ci, c’est finalement la paire Delphine Ekwele et Annie Tchoko qui a remporté la victoire. Quelques instants après, avait lieu la marche sur une distance de 400m. Une complétion que remportera Solange Mwaha.

Pendant les différentes activités, les visiteurs pouvaient se régaler autour du barbecue et des boissons et bières du Cameroun. Après l’athlétisme féminin, avait lieu 3 matchs de football de 3 catégories d’enfants de Esoa Academy. Les scores des matchs sont résumés ci-dessous :

U6-U7 : ESOA (a) - ESOA (b) : 1- 4 (enfants de 6 à 7 ans)

U8 - U9 - U10 : ESOA (a) - ESOA (b) : 3-5 ( enfants de 8 à 10 ans)

U12 - U13 - U15 : ESOA(a) - ESOA (b) : 6-1 ( enfants de 12 à 15 ans)

Cette journée sportive et culturelle s’est clôturée par un match de gala opposant les vétérans aux jeunes. Le score final d’un match sans appel était de 5 pour les vétérans et 2 pour les jeunes.

En apothéose à cette première édition des JCB, Fascadi organisait un gala exceptionnel, pour magnifier l’Art et la Culture du Cameroun. C’était au Claridge Events, en présence de l’ambassadeur du Cameroun en Belgique et de prestigieux invités. La soirée de gala a su concilier tradition et modernité autour des symboles artistiques et culturels camerounais.

La soirée s’est ouverte par une promenade dans le paysage musical camerounais à travers des sons et des rythmes des 10 régions. Plusieurs formations musicales et artistes de renommée internationale, Barbara Clémence (artiste féminine de l’année 2017), Declovis, Ntondobe, Assiko à titres d’exemples, se sont produit et ont donné aux invités, un aperçu de la richesse du patrimoine artistique et culturel du Cameroun. Un patrimoine qu’on pouvait déceler à tous les niveaux même au niveau de l’agencement de la salle. Les tables étaient nommées en fonctions des 10 régions et grands cours d’eau du Cameroun. De la Benoué à la Lobé, en passant par les Hauts plateaux de l’Ouest, aucune région n’a été oubliée. Un autre aspect de la culture camerounaise a été expérimenté à travers la prestation de groupes de danses traditionnelles de la région de l’Est, « Hekok Banen du Benelux » en l’occurence, et un peu plus tard « la danse du « Bol », représentant la région du Sud Cameroun.

Un des temps forts de cette soirée fut l’accueil de Sa Majesté David II Fondjo, Roi des Fotuni, une Chefferie située dans le département du Haut-Nkam de la région de l’Ouest- Cameroun. L’atmosphère d’accueil était marqué par le chant vocal des voix suaves et douces de deux jeunes dames et les sujets qui aplanissaient le chemin du Roi, entouré de sa caste. Les invités ont pu vivre toute la grandeur et symboles de cette culture de l’Ouest Cameroun. Prenant la parole le Roi a saisi cette circonstance pour délivrer un message à tous et surtout aux jeunes, celui de préserver nos langues, de perpétuer notre culture, symbole vivant de notre identité.

Un autre aspect de la Culture camerounaise a été testé à travers le buffet, essentiellement composé de saveurs du terroir. Le Ndolè national à la réputation internationale( plat à base de plantes légumières) a été particulièrement apprécié des invités, à l’exemple du Sénateur Bertin Mampaka, originaire de la République Démocratique du Congo. D’autres attractions gustatives de la soirée se recrutaient parmi les nombreuses et succulentes saveurs du Cameroun : poisson braisé, les bananes plantains, le Koki le Sanga et bien plus.

La soirée s’est poursuivie dans une belle ambiance musicale et bien d’autres moments. Le fantastique défilé de mode des « Queen APEDEF Ambassador », dans une collection inédite de Vicky Style, a permis de mettre en valeur le « Kaba Kondo », un vêtement traditionnel féminin.

Prenant la parole, Edwige Abena, présidente de FASCADI a souligné l’importance de la création d’une telle fédération, née d’un réel besoin des Camerounais de fédérer, de faire vivre l’unité camerounaise et surtout de s’entraider au niveau de la grande communauté camerounaise de Belgique. Une fédération d’associations initiée par l’ambassadeur et dont la matérialisation première des projets est l’organisation avec succès des Journées Camerounaises. « Le but recherché était d’aider ces associations à jouer pleinement leur rôle d’encadrement, de facilitation et de courroie de transmission, à l’effet de canaliser les énergies et initiatives nombreuses de notre de notre diaspora si dynamique ici en Belgique » .

L’ambassadeur Daniel Evina Abe’e et la présidente de FASCADI ont salué l’implication des différentes associations dans la réussite de cet évènement, posant ainsi les jalons d’une activité qui se veut pérenne.
C’est un satisfecit général au terme de ces deux journées riches en activités et divertissements et qui transforment le ballon d’essai des Journées Camerounaises de FASCADI en un coup de maître. Le challenge sera dès lors de maintenir cette cohésion afin de perpétuer cette belle aventure. Selon les organisateurs, le rendez-vous a déjà été pris pour l’année 2019.

Dossier coordonné par Ghislain ZOBIYO,
rédigé par Ghislain ZOBIYO et Catherine NGO BIYACK