Un Brexit dur plane, après le rejet d’accord de Theresa May par le Parlement britannique

Le Parlement britannique rejète à une majorité écrasante, l’accord sur le Brexit

Publié par Ghislain Zobiyo le

Bruxelles, le 16 janvier (BIPMEDIA)

Les députés de la Chambre des communes ont rejeté mardi soir à une majorité écrasante, l’accord sur le Brexit conclu le 14 novembre 2018 entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. La Première ministre britannique Theresa May tout en reconnaissant sa lourde défaite est prête à accepter la motion de défiance déposée par Jeremy Corbyn, chef de file du parti Travailliste(Labour).

C’est par vote massif de 432 voix contre et 202 voix pour l’accord sur le Brexit, que les députés du Parlement britannique ont répondu au vote tant attendu sur l’accord de sortie ordonnée du Royaume-Uni (R-U) de l’Union européenne. Ce rejet de l’accord va plonger le R-U dans l’incertitude. Une défaite de Theresa May qui émane d’une grande part de son propre parti. 108 députés conservateurs on voté contre le projet de Theresa May.

Le risque de sortie du R-U de l’UE sans accord est dès lors d’une grande probabilité et un risque de division, avait souligné la première ministre dans son allocution devant la Chambre des Communes juste avant le vote. Par cette décision, le Parlement britannique vient tout simplement de claquer la porte de la sortie ordonnée du R-U de l’UE, telle que conclue dans l’accord sur le Brexit, prévue du 29 mars 2019 au 31 décembre 2020 .

Suite à cette défaite écrasante infligée à Theresa May, le chef de file de l’opposition, Jeremy Corbyn (Labour) a déposé une motion de défiance contre le gouvernement. Celle-ci sera débattue mercredi 16 janvier a annoncé John Bercow, le Président de la Chambre des Commune. Ce vote de défiance interviendra plus tard vers 19h.

Avec une telle défaite Theresa May peut-elle encore bénéficier du soutien des députés de la Chambre des communes ? Si le gouvernement de Theresa May perd le vote de défiance, les élections générales seront organisées. Un nouveau gouvernement se mettra en place ainsi qu’une nouvelle Chambre. De nouvelles négociations pourront alors reprendre avec l’UE sur le Brexit. L’UE pourrait accepter un délai supplémentaire aux négociations (ce qu’autorise l’Article 50 de l’accord). Cependant, le R-U pourrait demander de quitter l’UE sans accord. On aura alors un Brexit dur et une situation chaotique historique.

Le nouveau gouvernement pourrait tout aussi demander un nouveau référendum sur le Brexit. Le gouvernement de la Première ministre May pourrait remporter ce vote de défiance. Il demandera à coup sûr à l’UE, un report de la période de transition. Theresa May aura aussi la possibilité d’élargir ses consultations afin de trouver les meilleurs conditions de renégociation avec l’UE, et de s’assurer d’une majorité au Parlement et pourquoi pas de faire l’unanimité dans la classe politique britannique.

Ce rejet de l’accord sur le Brexit par le Parlement britannique a provoqué une onde de choc à travers les 27 Etats membres de l’UE. Donald Task, Président du Conseil de l’UE a appelé le R-U à trouver « une solution positive », suite au rejet de l’accord sur le Brexit par le Parlement britannique. Le Président de la Commission de l’UE, Jean Claude Juncker a appelé le R-U à « clarifier ses intentions dès que possible ». « C’est un jour amer pour l’Europe. Un Brexit dur est la pire de toutes les possibilités pour l’UE, mais surtout pour le R-U », a réagi Olaf Scholz, ministre des Finances et Vice-Chancelier allemand. Pour Charles Michel, Premier ministre belge, le gouvernement fédéral se prépare et prend des mesures concrètes en prévision d’un « no-deal » sur le Brexit. « La balle est plus que jamais dans le camp des Britanniques a-t-il ajouté. Enfin, pour Emmanuel Macron, le Président français, « la pression est désormais du côté de la Grande-Bratagne ». Ghislain Zobiyo