OEACP : le Cameroun ratifie l’Accord de Georgetown révisé

Publié par Ghislain Zobiyo le

BRUXELLES, le 28 Sept. (BIPMedia)

La République du Cameroun a signé et ratifié l’Accord de Georgetown révisé le 12 juillet 2021 à Yaoundé au Cameroun, après l’approbation du dit accord par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation des Etats d’Afrique des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), lors du 9ème Sommet les 9 et 10 décembre 2019 à Nairobi au Kenya.

L’acte de signature et de ratification du Président de la République du Cameroun, S.E. Paul Biya, a été remis officiellement au Secrétaire général de l’OEACP, représenté par Dr. Norbert Richard Ibrahim, Sous-secrétaire général OEACP, chargé du département des questions politiques et du développement humain, par l’ambassadeur du Cameroun en Belgique Daniel Evina Abe’e, mardi 28 septembre 2021 à Bruxelles.

Par cette ratification de l’Accord de Georgetown révisé, le Cameroun confirme son engagement politique à oeuvrer aux côtés de l’OEACP, pour permettre à l’organisation de jouer pleinement son rôle sur la scène internationale et devenir un acteur du « Multilatéralisme », a souligné l’ambassadeur Daniel Evina Abe’e.

« Il a fallu réviser cet accord qui transforme le Groupe ACP en une organisation internationale, et qui confère à l’OEACP, la plénitude et la capacité d’une organisation internationale », a indiqué l’ambassadeur Abe’e. « Nous ne sommes plus focalisés uniquement sur le partenaire européen, nous pouvons agir et diversifier nos partenaires », a-t-il poursuivit.

C’est depuis le 5 avril 2020 que l’ancien Groupe ACP est devenu l’Organisation des Etats d’Afrique des Caraïbes du Pacifique, grâce à cette révision de l’Accord de Georgetown.

L’OEACP composé de 79 Etats membres est une force et doit dès lors, s’affirmer sur la scène internationale, sur les problématiques de lutte contre la pauvreté, le changement climatique, l’environnement, le développement de ses Etats membres à titres d’exemples, a insisté l’ambassadeur Abe’e.

Pour se donner les moyens de leurs ambitions, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’OEACP ont approuvé lors du 9ème sommet, la création du Fonds Fiduciaire et de Dotation (FFD). Désigné par ses paires comme porteur du projet du FFD, l’ambassadeur Abe’e a dirigé toute une équipe qui a mis en place, la structure et le fonctionnement du FFD.

« Le FFD est l’une des voies choisie pour financer notre développement. Si nous devons devenir autonome, il faudrait aussi que nous soyons financièrement autonome, mais, c’est une autonomie financière interne que nous cherchons », a expliqué l’ambassadeur Abe’e.

C’est à la 110ème session du Conseil des ministres de l’OEACP qui a eu lieu le 9 décembre 2019 à Nairobi au Kenya, que le Conseil d’administration (C.A) du FFD a été adopté. Toutes les régions de l’OEACP sont représentées dans ce C.A. Aujourd’hui c’est le C.A du FFD qui travaille pour lancer effectivement le FFD, a mentionné l’ambassadeur Abe’e.

Certains Etats membres de l’OEACP ont déjà donné leur contribution volontaire au FFD, a rassuré l’ambassadeur Abe’e. En ce qui concerne le lancement du FFD, « C’est une question de temps », dit-il, dans la mesure où c’est un processus nouveau, c’est une innovation et il faut quand même prendre du temps pour mettre en place le fonctionnement et le lancement effectif du FFD.

Le FFD est donc un véritable défi que l’OEACP doit relever. Pour cela, le C.A du FFD a la lourde tâche de faire fructifier le FFD, pour confirmer la volonté d’autonomie financière de l’OEACP. « Je crois que d’ici une année, l’opérationnalisation du FFD devra être effectif », a confirmé l’ambassadeur Abe’e

« Ce FFD est aussi un engagement de nos Etats (en plus de leur contribution au budget de fonctionnement du Secrétariat général de l’OEACP), pour assurer la pérennité de notre organisation », a conclu l’ambassadeur Abe’e.

« A travers son instrument de ratification au plus haut niveau, le Cameroun vient de confirmer son engagement, par rapport aux changements que nous avons voulu », a renchéri Dr. Norbert Richard Ibrahim.

« Ce changement de nom n’est pas cosmétique, il est fondamental, dans la mesure où en tant qu’organisation internationale, l’OEACP doit s’adapter par rapport aux changements qui structurent la vie nationale et internationale de la société », a poursuivit Dr Ibrahim.

A travers l’Accord de Georgetown révisé, l’OEACP aspire à devenir, une organisation plus apte à répondre aux besoins de ses populations. C’est dans cet esprit que le Centre d’information pour la coopération Sud-Sud et Triangulaire pour l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique a vu le jour le 5 octobre 2018 à Malabo en Guinée Equatoriale, pour renforcer cette coopération. Ghislain ZOBIYO