Menacé de rapatriement l’Avocat de Brise demande un test ADN

Brise Armel NGOMGANG : un test ADN pour prouver son identité

Publié par Ghislain Zobiyo le

BRUXELLES, le 2 Déc.(BIPMedia)

Le jeune belge d’origine camerounaise dénommé Brise Armel NGOMGANG fait l’objet d’une détention arbitraire par l’Office des étrangers, depuis son retour du voyage au Cameroun le 7 septembre 2021. Mr Ngomgang a été retenu par la police des frontières à l’aéroport de Zaventem, au motif que la photo de sa carte d’identité n’est pas sienne, selon le Policier qui l’a contrôlé. Malgré les deux recours de son Avocat auprès du Conseil du Contentieux des Etrangers (CCE) et dont il a obtenu gain de cause, la Police des frontières et l’Office des étrangers, déboutés, s’obstinent à ne pas reconnaitre les décisions du CCE. D’abord maintenu au centre fermé de Caricole à Steenokkerzeel, il a été transféré au Centre 127 bis toujours à Steenokkerzeel, où une menace de rapatriement est pendante, après un 3ème recours auprès du CCE infructueux. La dernière tentative de son Avocat d’effectuer un test ADN de Brise ce 2 décembre 2021 et celui de sa fille de 3 ans, afin d’établir la paternité et justifier qu’il s’agit bien de Mr Brise Armel Ngomgang suffira-t-elle à l’OE à mettre fin à cette injustice ? Claire TOA, la compagne de Brise a suivi toutes les audiences relatives au dossier de Brise. Elle témoigne.

« Ce n’est pas la première fois que Brise se rend au Cameroun. Je pense même que c’était son 4ème voyage, et il est toujours passé par l’aéroport de Zaventem », a indiqué Claire TOA. Ce qui suppose que son identité est bien reprise dans le système de surveillance de la Police des frontières de Zaventem. Généralement, le Policier vérifie toujours la validité, les empreintes digitales et autres informations de la carte d’identité à travers le système électronique, avant de laisser passer la personne de retour de son voyage. A ce niveau la carte d’identité de Brise est en règle (carte de nationalité belge). Le Policier va alors retenir Brise au motif despotique que, la photo qui est sur sa carte d’identité n’est pas celle de Brise. S’en suivra une cabale à laquelle Brise ne pouvait pas s’imaginer.

Pendant ce temps sa compagne Claire Toa et leurs deux enfants attendaient pour accueillir Brise, le compagnon et le père de retour du Cameroun. « On a patienté pendant une heure. On ne l’a pas vu. Puis j’ai essayé de l’appeler à plusieurs reprises sans réponse. Je me suis dit que ce n’était pas normal », relate Mme Toa.

Après avoir pris les renseignements rassurants sur le vol de Brise à bord de Turkish Airlines en provenance de Douala (Cameroun), Claire Toa décida de rentrer à la maison. C’est sur le chemin de retour qu’elle reçu l’appel d’un policier, lui signifiant que Brise était bel est bien à l’aéroport, mais qu’il ne pouvait pas sortir à cause d’un problème avec ses documents (d’identité). Le Policier ajouta qu’un email avait été envoyé à l’OE, et que la libération de Brise dépendra de la décision de l’OE. Stupéfaite de cette nouvelle et ne comprenant pas ce qui arrivait à son compagnon, Claire Toa rentra définitivement à la maison avec les enfants, afin de mieux affûter la défense de son compagnon.

Le jour suivant, Brise appela Claire. Il l’indiqua qu’il avait été emmené au Centre fermé de Caricole. « Il m’a donné l’adresse. Je me suis rendu au Centre, mais ils m’ont dit que Brise était en quarantaine et que je ne pouvais pas le voir. J’ai récupéré les valises et je suis rentré à la maison. Je n’ai pas pu le voir pendant sept jours », a ajouté Mme Toa.

« Quand il est sorti de la quarantaine au Centre fermé à Caricole, ils l’ont transféré de l’autre côté au Centre 127 bis à Steenokkerzeel (Centre de rapatriement). Là j’ai pris un Avocat », a poursuivi Mme Toa.

L’Avocat de Brise a introduit un recours auprès du Conseil du Contentieux des Etrangers. Le juge en charge du dossier, après lecture des éléments à charge du dossier a demandé la libération immédiate de Brice. « Nous avons obtenu gain de cause. Malheureusement, l’OE a contesté cette décision du CCE et a interjeté appel », a expliqué Mme Toa. 

« L’Avocat a introduit un deuxième recours auprès du CCE et nous avons obtenu à nouveau gain de cause. Une fois de plus, l’OE ne va pas suivre et respecter cette décision. Ils ont donc décidé de garder Brise. Même l’Avocat dit ne pas comprendre cette attitude de l’OE, qui s’obstine à rejeter les décisions du CCE », a relevé Mme Toa.

Comment comprendre qu’une décision rendue par le CCE soit rejetée par l’OE ? On se poserait la question de savoir à quoi sert le CCE dans cette administration de l’OE ? C’est toute l’ambiguïté de notre démocratie belge, de comprendre qu’une institution ne respecte pas les décisions des juges.

Garder une personne en détention sur base d’une supposée photo qui ne ressemblerait pas à la même personne détentrice de sa carte d’identité, c’est de tout simplement de l’arbitraire. S’il y a des doutes sur l’identité de la personne, on procède généralement à la prise d’empreintes digitales. Une comparaison de ces empreintes avec celles qui y figurent sur la carte suffirait à établir la vérité. « Mais, cela n’a pas été fait », a relevé Mme Toa.

L’Avocat a introduit un 3ème recours. « Cette fois le juge (une dame) s’est aligné derrière l’OE en confirmant que l’OE n’est pas obligé de prendre les empreintes digitales s’ils ne le veulent pas, et que ce n’est pas parce que la carte d’identité a été délivrée par la Commune (d’Anvers) que c’est une vraie carte », s’est exclamé Mme Toa. C’est donc ainsi que sont traités de milliers de dossiers, au bon vouloir de l’OE, d’après ce troisième juge. Quelle justice ?

« J’allais à toutes les audiences du dossier de Brise en compagnie de ma fille de 3 ans » Poursuit Mme Toa. En plus de douter de la véracité de la carte d’identité de Brise, délivrée par l’administration communale d’Anvers, ce 3ème juge a ajouté que Brise pouvait avoir envoyé quelqu’un d’autre pour établir la carte d’identité.

Mr Ngomgang Brise s’est rendu à la Commune d’Anvers pour établir sa carte d’identité. « Quand on établit une carte d’identité, vous devez remettre deux photos d’identité. On prend aussi vos empreintes digitales et on vérifie tout. Il en est de même quand vous venez retirer votre carte d’identité. Il y a à nouveau un contrôle pour vérifier qu’il s’agit bien de la même personne. Donc si au moment d’établir la carte d’identité et au moment de retirer celle-ci à la commune d’Anvers, on a n’a trouvé aucun problème chez Brise, je ne pense pas qu’aujourd’hui la Police peut dire qu’il ya un problème au niveau de sa carte d’identité. Le 3ème juge s’étant aligné avec l’OE, ce 3ème recours de l’Avocat a donc été rejeté par l’OE et la procédure a été bloquée », a fait savoir Mme Toa.

La procédure étant bloquée, l’Avocat a dit à Brise d’introduire une nouvelle demande d’asile, avec comme argument qu’il aimerait rester auprès de sa famille. Mais cette demande a été refusée, confirme Mme Toa. Après le 3ème recours infructueux, le rejet de la nouvelle demande d’asile, l’Avocat a demandé à Brice de rentrer au Cameroun pour faire une demande de regroupement familial. Mais Brise a répondu par la négative. 

La situation de Brise est bien préoccupante. D’après les dernières informations de l’Observatoire de la Négrophobie en Europe, un rapatriement du jeune Brise Armel Ngomgang est programmé ce vendredi 3 décembre 2021 à 11h25 à bord du vol TK 1938 de la Turkish Air Line en partance de Bruxelles pour Douala (Cameroun) avec escale à Istanbul.

Brise est arrivé en Belgique en 2016 et avait introduit une demande d’asile la même année. Au bout de trois ans, son séjour a été régularisé. Il est en possession d’une carte d’identité depuis 2019. L’idée d’introduire une nouvelle demande d’asile, de la part de son Avocat était-elle propice ? Pourquoi introduire une nouvelle demande d’asile, dans le seul espoir d’obliger l’OE à comparer les empreintes digitales de Brise de celles de 2016, selon l’Avocat ? En finalité, la réponse à cette nouvelle demande d’asile a tout simplement été rejetée par l’OE.

Résidant en région flamande dans la localité de Boom, Brise est francophone et se bat pour trouver du travail et survenir aux besoins de sa famille. il a suivi les cours de Néerlandais jusqu’au niveau 2.1 afin d’augmenter ses chances de décrocher un travail, dans cette localité où il habite avec sa femme et ses deux enfants, jusque avant sa détention le 7 septembre 2021.

« Moi je suis aide-soignante. Je dois commencer le travail à 7h. Si je travaille l’après-midi je finis à 21h. Je ne sais pas déposer les enfants à la garderie. Je me demande comment est-ce que j’ai fait jusqu’ici, pour pouvoir garder mon boulot . J’ai reçu des avertissements de retards. J’ai reçu des menaces verbales, parce que j’arrive tout le temps en retard. J’ai deux enfants, toutes des filles à bas âge, la première à 6 ans, et la deuxième a 3 ans. Elles sont toutes dépendantes de moi. Elles ne peuvent rien faire d’elles-mêmes, elles ne peuvent pas aller à l’école d’elles-mêmes et je me retrouve dans cette situation toute seule », a exprimé Claire Toa face à cette situation de détresse. Mme Toa appelle à l’aide face à une injustice notoire que subit son compagnon.

Les prélèvements pour le test ADN de Brise et de sa dernière fille de 3 ans ont bel et bien été faits ce jeudi 2 décembre, d’après les dernières informations que nous a confiées sa Compagne. Les résultats de ce test ADN seront connus vendredi vers 16h. L’Office des Etrangers va-t-il attendre et valider ces résultats du test pour établir la paternité et authentifier qu’il s’agit bien de Mr Brise Armel Ngomgang et rendre justice ? Ghislain ZOBIYO