COVID-19 : plus de 4000 personnes du corps médical manifestent contre l’obligation vaccinale (REPORTAGE)

Publié par Ghislain Zobiyo le

BRUXELLES, le 07. Déc. (BIPMedia)

Par Ghislain Zobiyo

Plus de 4000 personnes du corps médical ont manifesté mardi à Bruxelles, pour marquer leur désaccord vis à vis de l’obligation vaccinale du personnel médical annoncée par le gouvernement fédéral. Cette obligation vaccinale s’accompagnerait de sanctions en cas de refus, pouvant aller de la suspension temporaire de contrat, la mise au chômage temporaire jusqu’au licenciement.

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La manifestation a débuté à la place de La Chapelle, où avait lieu le rassemblement. Le cortège composée d’un front commun syndical représentant les travailleurs (CGSP, Setca, CNE, SLPF, CGSLB), s’est ensuite mis en branle en direction du carrefour Arts-Loi, jusqu’au siège du gouvernement fédéral, où les organisateurs de la manifestation devaient rencontrer Franck Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé.

A plusieurs endroits, la circulation automobile était bloquée pendant de longues minutes. A hauteur du tunnel Porte de Hall, la circulation a été bloquée dans les deux sens.
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Les manifestants ont dénoncé l’obligation vaccinale qu’ils considèrent discriminatoire et non productif, face à la pénurie du personnel et à l’ampleur de la pandémie de Covid-19 toujours virulente. « Du bon sens », « la vraie urgence n’est pas de licencier », « sauvez notre système de santé au lieu de licencier », ou encore "Personnel déjà en souffrance, stop aux incohérences", et même, "Soignants en voie de disparition",…, pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants.
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« Chacun a le droit de choisir, mais les menaces de licenciement qui pèsent sur le personnel sont inadmissibles. Déjà nous sommes en pénurie pour assurer le service. Si on licencie, ça va être la catastrophe et les gens seront encore moins motivés pour venir dans ce métier », a martelé Raphaël Meys, membre du service hospitalier à la province de Liège.

Selon Léonard Ndaize, infirmier indépendant, les mesures de sanctions annoncées pour le personnel médical (infirmiers, médecins, kinésithérapeutes, …, ) non-vacciné auront une conséquence sur la qualité des soins. Il recommande au gouvernement de retirer les menaces de licenciement.

Membre du Parti du travail de Belgique (PTB) Julie Manot pense que les soins de santé ont déjà énormément de « Burn out ». Elle recommande le gouvernement de ne pas sanctionner les travailleurs de la santé. « Le gouvernement doit revoir sa copie, un peu écouter les gens dans la rue, et pas uniquement les grandes firmes pharmaceutiques. « Il faut des mesures au niveau de la première ligne (en terme de médecin de famille), où l’on peut avoir une relation de confiance, et où on peut même inviter les gens à se faire éventuellement vacciner.

Déléguée syndicale de la FGTB de Charleroi, Laetitia Pichicouteau s’attend à ce que le ministre de la santé renonce au licenciement de ses collègues non-vaccinés, car dit-elle, « On en a besoin de tous sur le terrains (vaccinés et non vaccinés). « Se vaccine qui a envie de se faire vacciner. Les non-vaccinés ne sont pas plus contaminant que les vaccinés, il faut qu’ils arrêtent quoi », a-t-elle conclu.

Thomas Bayens est venu de Gand pour soutenir cette manifestation. Membre du journal " Lutte solidaire socialiste", il questionne sur le manque d’investissement du gouvernement dans la revalorisation du secteur de la santé, la pénurie des équipements dmédicaux avec des coupes budgétaires aux soins de santé. " Aujourd’hui on est confronté à la pandémie et on n’est pas prêt dans les hôpitaux à soigner convenablement des gens", dit-il. En plus, poursuit-il, on est en manque de personnel mais le gouvernement est par contre prêt à licencier le personnel médical non-vacciné. Les gens n’y croient plus au gouvernement. Les gens ne croient plus que le vaccin est bon. On doit donner plus de moyens au gens, leur donner plus de temps et non immédiatement les réprimer et les licencier" a-t-il ajouté.

Le 19 novembre 2021, le gouvernement fédéral s’est accordé sur un texte de loi sur l’obligation vaccinale du personnel soignant. A partir du 1er janvier, le personnel soignant aura 3 mois pour se faire vacciner. En cas de refus, le personnel non-vacciné sera sanctionné avec une suspension temporaire de contrat et la mise au chômage temporaire. Il ne pourra plus non plus être en contact avec des patients. A partir du 1er avril, en cas de non-respect de l’obligation vaccinale, le membre de personnel sera privé de son visa ou enregistrement, il pourra donc être licencié.

En marge de la mobilisation, une délégation syndicale a rencontré les représentants des partis politiques dont Ecolo, le Parti Socialiste et le Mouvement Réformateur.

Une rencontre des organisateurs de cette manifestation (le front commun syndical) a eu lieu avec le chef de cabinet du ministre fédéral de la santé Franck Vandenbroucke, et une réunion a été programmée la semaine prochaine pour plus de concertation à ce sujet.